Ils avaient atterri sur la pelouse, à l’ombre du grand érable. La température avait fait monter le mercure et ils semblaient ne pas apprécier la chaleur car leur long bec était toujours largement ouvert. Pourtant, c’est la faim qui devait les attirer dans les herbes. Ils sondaient le sol avec acharnement, dans le but d’extirper des vers de terre ou des insectes. Les moineaux, habitués de ce lieu, craignaient une annexion. Qui sont ces intrus qui osaient fouler leur propriété privée? Plusieurs d’entre eux, parmi les plus téméraires, volaient même en leur direction. Mais peu rassurés par les étourneaux sansonnets deux fois plus gros qu’eux et muni d’un long bec pointu, ils gardaient une distance de sécurité. Il ne fallait prendre aucun risque, mais approcher ces grands frères pour apprendre à leur contact une nouvelle technique de chasse.Les cinq minutes de présence des envahisseurs n’ont pas dû les convaincre. Ils ne vont tout de même pas se convertir en laboureurs, quand il leur suffit de grappiller des graines et quelques insectes pour vivre.
Baldersheim, le 30 mai 2025
