Entre deux mondes

Le ciel de Haute-Alsace était très lumineux en cet après-midi de septembre. Aucun indice ne permettait d’envisager la pluie annoncée pour le lendemain. Pourtant vers l’Est, de curieux nuages aux contours arrondis étaient superposés, dessinant une forme de soucoupe volante. On avait l’impression d’être entre deux mondes : celui du ciel, lointain et d’un bleu très pur, et celui de la terre qui avait commencé à ensemencer l’espace… Les météorologues préfèrent la rigueur scientifique à la poésie pour décrire la formation de ces nuages qui sont le signe d’une instabilité atmosphérique. Lorsque l’air humide est poussé par le vent et qu’il rencontre un relief qui agit comme une barrière, il est forcé de s’élever. En prenant de l’altitude, il se refroidit et la vapeur d’eau qu’il contient se condense pour former un nuage. Cependant, au lieu de continuer à monter, l’air redescend de l’autre côté du relief, créant des ondes orographiques, des vagues dans l’atmosphère, qui se propagent dans le sens du vent. Le nuage lenticulaire se forme spécifiquement au sommet de ces vagues. C’est pourquoi ces nuages ont souvent une forme lisse, régulière. Ils sont un signe de forts vents en altitude et sont particulièrement appréciés par les pilotes de planeurs, car ils indiquent la présence de courants ascendants.

La Petite Camargue, le 3 septembre 2025