Crécerelle

En cette après-midi balayée par un grand vent, le jeune faucon crécerelle mâle, reconnaissable à sa tête gris-bleu, se pose sur un câble électrique. L’air est trop agité pour se livrer à son emblématique vol stationnaire, une technique de chasse énergivore utilisée pour repérer de loin les campagnols. Il a donc fait preuve de pragmatisme : renonçant à la chasse aérienne, il a capturé une sauterelle directement au sol, une proie plus modeste, mais plus facile à attraper dans ces conditions météorologiques. Cette option illustre à merveille la capacité d’adaptation du faucon crécerelle. Bien que les petits rongeurs comme les campagnols constituent sa nourriture de base, il ne dédaigne pas pour autant les insectes, les lézards, les vers de terre, les amphibiens ou même de petits oiseaux. C’est ce régime varié et cette flexibilité qui lui permettent de survivre même lorsque ses proies favorites se font rares. Pour maintenir son énergie, il doit consommer quotidiennement l’équivalent de 10 à 25 % de son poids corporel, soit environ un ou deux campagnols. Lorsque la météo rend la chasse difficile, le crécerelle puise dans ses réserves. Il peut jeûner jusqu’à cinq jours, ce qui est essentiel pour sa survie. Son agilité et sa résilience en font un redoutable chasseur, capable de surmonter les caprices du temps.

Les Octrois, le 12 septembre 2025