L’image est insolite, relativement dépouillée avec très peu d’éléments identifiables de prime abord. La scène se passe sur l’eau ; il a l’air d’y avoir un peu de courant mais également, d’après sa couleur, une certaine profondeur. En effet, nous sommes sur l’ancien canal du Rhône au Rhin dont le mouillage était fixé à 1,60 au minimum. Examinons à présent les deux protagonistes. Nous sommes dans le monde des oiseaux aquatiques et on penserait avec raison à un cygne adulte accompagné d’un de ses petits. L’adulte a plongé sa tête dans l’eau : on reconnaît l’extrémité de son cou à sa teinte crème, alors que le bas garde la couleur blanche du corps. Le cygneau, que l’on distingue de dos, porte encore son duvet de naissance, blanc sur la tête et un peu marron sur le dos. Joueur, il pourrait profiter de la cambrure du cou parental qui forme une arche sur l’eau pour se glisser en-dessous. En réalité, il attend avec impatience que le parent coupe et remonte de la profondeur du canal les plantes hydrophytes dont il raffole. Le cygne choisit celles qui conviennent à l’âge de ses petits et les dépose avec grâce à la surface de l’eau. Il n’y a pas de rivalité entre les cygneaux et chacun avale ce qu’il peut récupérer en attendant la cueillette suivante.
Hirtzfelden, le 30 mai 2025
