A la Petite Camargue, le spectacle se déroule souvent dans les airs. A côté des artistes d’exception que sont le balbuzard pêcheur, la bondrée apivore ou le busard des roseaux, d’autres espèces sortent de l’ombre. Le héron cendré est un hôte habituel de ces lieux et lorsqu’il déploie son vol élégant, il arrive facilement à capter notre regard jusqu’à ce qu’il se pose au sommet d’un arbre avec une adresse remarquable. Cet arrimage mérite qu’on s’y attarde un peu. Les outils, d’abord : les pattes du héron sont composées de quatre doigts – trois vers l’avant et un vers l’arrière – et se terminent par des griffes. Le mécanisme de verrouillage ensuite : lorsque l’oiseau se pose, les tendons qui contrôlent la flexion des doigts se tendent automatiquement et se verrouillent autour de la branche. Plus l’oiseau exerce de pression sur ses pattes, plus le mécanisme se resserre, garantissant une prise ferme et sécurisée. Le blindage enfin : Les pattes sont recouvertes de kératine, la même protéine qui compose les ongles chez les mammifères. Elle forme des écailles dures et superposées qui agissent comme un bouclier protecteur pour résister aux abrasions, coupures ou perforations. Sous les écailles, on trouve des coussinets de tissu conjonctif qui servent d’amortisseurs et répartissent la pression du poids de l’oiseau sur une plus grande surface. Ainsi ils peuvent se poser sur des supports que notre peau fine ne pourrait tolérer.
La Petite Camargue Alsacienne, le 11 septembre 2025