Les effluves de décomposition ou de fermentation émises par le champignon a attiré un insecte surprenant : la scatophage du fumier (Scathophaga stercoraria). Malgré son surnom peu ragoûtant de « mouche à merde, » cette mouche velue aux teintes jaune doré (chez le mâle) est loin d’être un simple insecte coprophage. En réalité, l’adulte est un redoutable prédateur, attiré par les odeurs organiques non pour les manger, mais pour y chasser les autres petites mouches venues pondre ou se nourrir. La bouse, son site d’élection, devient une véritable arène où les mâles luttent férocement pour s’accoupler. Le cycle de vie de cette mouche est intimement lié à ce rôle de régulateur : les femelles pondent leurs œufs dans la matière organique en décomposition, et les larves qui en éclosent poursuivent le travail en dévorant les larves des autres espèces de diptères, comme la mouche domestique. Ce comportement confère au scatophage un rôle écologique essentiel : il contribue au contrôle biologique des insectes nuisibles et accélère le recyclage des nutriments dans le sol. Cette mouche, capable de s’orienter grâce à la lumière polarisée, est un maillon essentiel, transformant les déchets en une source de vie.
Les Octrois, le 9 septembre 2025