Bergeronnette des ruisseaux

Les printanières ont pris le chemin de la migration, mais les bergeronnettes grises et les bergeronnettes des ruisseaux restent fidèles à l’ancien canal des saumures. Celle qui arpente le bord de l’eau est facilement reconnaissable : son croupion jaune vif contraste vivement avec son dos gris. Ses pattes rosâtres se fondent avec la roche humide et verdâtre. Cette bergeronnette des ruisseaux, en quête de larves et d’insectes, défie les lois de la gravité sur des pentes glissantes. Sa maîtrise tient à une incroyable mécanique des pattes. Pour se stabiliser, elle utilise la friction de ses coussinets qui adhèrent au moindre support. Ses griffes puissantes s’accrochent aux interstices les plus infimes, tandis que ses orteils flexibles pivotent pour trouver un point d’ancrage sûr. Le cliché révèle toute la puissance de cette ingénierie naturelle. On y voit la patte s’aplatir et les orteils s’écarter au maximum pour optimiser la surface de contact. L’articulation de la cheville et des doigts, d’une flexibilité extrême, permet à l’oiseau de positionner ses pieds à des angles inhabituels. C’est grâce à cette anatomie parfaite, avec son tarso-métatarse et ses tendons fléchisseurs, que la bergeronnette se déplace avec une aisance déconcertante sur un terrain aussi instable.

Les Octrois, le 19 septembre 2025