Le Lac de la Forêt d’Orient est méconnaissable. Sous le ciel d’automne, la vidange décennale a laissé place à un vaste terrain de boue. Des pêcheurs s’activent au milieu de l’eau résiduelle, concentrés sur le sauvetage des poissons, lorsque le calme technique est déchiré par un vacarme assourdissant. C’est l’arrivée des tadornes de Belon, en pleine migration vers leurs quartiers d’hiver atlantiques. Ces oiseaux ne sont pas désorientés, bien au contraire : l’état du lac est une aubaine spectaculaire. L’eau s’est retirée pour révéler un garde-manger providentiel de vasières, permettant à cette nuée de se gaver frénétiquement pour recharger les batteries. Cette scène est unique car elle met en collision l’intervention de l’homme et l’instinct de la faune. Elle est un vibrant témoignage de l’opportunisme de la nature, qui transforme un grand chantier en une escale vitale, au milieu du cycle incessant de la migration.
Le Lac de la Forêt d’Orient, le 26 septembre 2025