L’individu qui s’est offert à notre observation présente les premiers signes d’un envol immédiat : expulsion des fientes, étirement des ailes, extension des pattes… Une fraction de seconde plu tard, le voilà en plein décollage. Il déploie ses ailes longues mais relativement étroites ; bien qu’il soit le plus massif des busards, il reste relativement plus léger et plus mince qu’une buse variable. Cette combinaison d’une grande surface portante et d’un poids modéré l’aide à mieux « saccrocher » à l’air. L’aptitude fondamentale à voler, à utiliser les ailes pour la portance et la propulsion est largement innée chez les rapaces. Dès leur premier envol, généralement après 40 à 50 jours passés au nid, les jeunes busards possèdent le matériel physique – ailes et musculatures – et la coordination neurologique de base. De même, le vol caractéristique qui consiste à patrouiller lentement et à basse altitude est une technique fortement inscrite dans son comportement. Mais les manœuvres d’altitude exigent une maîtrise très fine des courants aériens et des ajustements précis de la queue et des ailes. Les jeunes oiseaux passent plusieurs semaines après leur premier envol à perfectionner cette coordination et apprendre les subtilités de la glisse et du freinage.
La réserve naturelle du Domaine de Beauguillot, le 03 octobre 2025