Sarcelle d’hiver

Depuis quelques semaines, l’activité s’est considérablement réduite sur les marais du Rothmoos. Le niveau de l’eau a baissé, entraînant le départ d’un grand nombre de résidents. Pourtant il est intéressant de scruter attentivement les différents plans d’eau, car ce constat peut être très provisoire. En effet, voilà un canard qui semble sorti d’un film en noir et blanc que l’on vient de mettre en couleur. C’est une sarcelle d’hiver, en pause migratoire. Elle n’est pas familière des lieux et avance avec prudence le long des roseaux, prête à s’y réfugier en cas de danger. Ce petit anatidé, l’un des plus menus canards d’Europe, arbore un plumage aux tons de brun et de gris finement moucheté, typique de la femelle ou du mâle en période d’éclipse. Ce camouflage est un atout précieux dans cet environnement lacustre. Néanmoins, un détail de couleur vive trahit sa véritable identité : un miroir alaire (zone sur l’aile) d’un vert iridescent éclatant, bordé de noir, offrant un contraste saisissant avec le reste de son corps discret. Son bec est court et gris-bleuâtre. Elle est probablement de passage, ayant quitté ses zones de reproduction nordiques pour rejoindre l’Europe du Sud ou l’Afrique. En faisant halte au Rothmoos, cette voyageuse a fait un choix judicieux. Ce site est une zone protégée, un refuge essentiel sur les routes migratoires. Malgré la baisse du niveau d’eau, elle y trouve la tranquillité et les ressources nécessaires pour reprendre des forces avant de poursuivre son long périple.

Le Rothmoos, le 10 octobre 2025