Le rouge-queue noir a fait escale dans notre jardin. Malgré le manque d’ensoleillement, il a rejoint à petits sauts l’abreuvoir pour se désaltérer. Cette façon de se mouvoir, courante chez les petits passereaux, est un mode de locomotion au sol qui leur permet d’économiser l’énergie par rapport à la marche alternée, en particulier sur les surfaces inégales ou encombrées. Ce déplacement, appelé sautillement (ou hopping), est un bond rapide où l’oiseau utilise ses deux pattes simultanément pour la propulsion. Il mobilise les puissants muscles extenseurs situés au niveau de la cuisse et de la jambe. Leur contraction rapide génère la force nécessaire pour projeter l’oiseau vers le haut et l’avant. Les pattes restent ainsi alignées pendant cette phase. La stabilité et la capacité à emmagasiner et restituer de l’énergie pour le saut sont fortement liées à la structure des pattes. Des études sur la bipédie des oiseaux ont révélé que leurs tendons rigides et calcifiés jouent un rôle de « câbles » dans un système de tenségrité (équilibre entre tension et compression). Ce système leur permet non seulement de rester debout, mais aussi de préparer le bond en utilisant l’élasticité de la structure sans nécessiter un effort musculaire constant. Enfin, pour maintenir son équilibre durant le saut et lors de la réception, l’oiseau s’appuie sur deux ajustements essentiels : son centre de gravité est positionné haut, au niveau du torse, et sa queue joue un rôle essentiel de balancier et de gouvernail.
Baldersheim, le 14 octobre 2025