Eristale gluante

Les floraisons estivales s’achèvent et le nombre d’insectes décroit en conséquence. Profitant des dernières opportunités, un spécimen se gave de pollen. Il s’agit d’une éristale gluante, un syrphe qui ressemble beaucoup à une abeille. Ce mimétisme, appelé mimétisme batésien, est l’une de ses caractéristiques principales et lui vaut d’être souvent confondue avec le faux-bourdon. L’adulte, que l’on observe ici butiner et assurer un rôle essentiel de pollinisateur, est totalement inoffensif. L’identification de cette espèce commune repose notamment sur l’observation de ses yeux qui présentent, chez le mâle, deux bandes verticales de poils, ainsi que ses fémurs et tibias postérieurs dilatés. Quant à l’adjectif « gluante », il ne se rapporte pas à l’adulte, mais à sa larve. Celle-ci vit dans des milieux aquatiques fortement chargés en matières organiques et peu oxygénés, comme les fosses à purin ou les égouts, agissant comme un décomposeur. Sa morphologie est singulière : elle est pourvue d’un très long siphon télescopique qui lui permet d’atteindre la surface de l’eau pour respirer, même en étant enfouie dans la vase. C’est cette « queue » qui lui vaut le surnom évocateur de « ver à queue de rat », et c’est l’environnement boueux et visqueux de ces eaux usées qui a donné à l’espèce son qualificatif de « gluante ». L’éristale adulte, quant à elle, fait partie des rares insectes capables d’hiverner pour réapparaître dès le printemps.

Baldersheim, le 15 octobre 2025