Merle noir

Alors que le mois de novembre marque la fin de l’abondance estivale et que les baies se font de plus en plus rares, les oiseaux, à l’instar de cette femelle merlette, sont contraints de réévaluer leurs choix alimentaires. La vue de cet oiseau se jetant sur une pomme manifestement bien dégradée soulève une question pertinente : quel intérêt y a-t-il à consommer des fruits en état de pourrissement ? Loin d’être un signe de désespoir, ce comportement révèle une stratégie d’adaptation efficace face aux rigueurs de l’automne. Un fruit en décomposition représente avant tout une source de sucres concentrés, fournissant une énergie rapide et vitale pour maintenir la température corporelle lors des nuits glaciales à venir. De plus, la décomposition attire une foule de petits invertébrés, offrant au merle un bonus protéiné bienvenu – larves, asticots, et autres insectes constituant un apport complémentaire précieux quand les vers de terre se cachent. Enfin, même si l’alcool produit par la fermentation n’est pas recherché en soi, les fruits ramollis et partiellement liquéfiés sont des concentrés caloriques plus faciles à digérer. L’apparente déchéance de cette pomme est donc, pour le merle, une ressource précieuse, minimisant l’effort de recherche et maximisant l’apport énergétique dans l’attente de l’hiver.
Baldersheim, le 10 novembre 2025