L’observation d’insectes volants au début du mois de novembre est un événement qui mérite attention, signalant souvent les dernières émergences de la saison froide. L’individu photographié, caractérisé par ses très longues antennes filiformes et ses ailes beige-orangées repliées en toit, a pu être identifié comme une phrygane, un insecte appartenant à l’ordre des Trichoptères. Sa présence tardive est cohérente avec certaines familles, notamment les Limnephilidae, réputées pour leurs cycles de vie décalés qui culminent par une émergence adulte automnale, la seule mission de cet éphémère étant alors la reproduction. Ce stade aérien est pourtant l’aboutissement d’un long cycle majoritairement aquatique. Pendant près d’un an, la larve de phrygane, appelée communément « porte-bois », évolue dans les eaux douces. Elle se distingue par l’ingéniosité de sa protection : un fourreau mobile construit à l’aide de soie, de brindilles, de sable ou de fragments végétaux. Après avoir atteint sa maturité et s’être scellée dans ce fourreau pour le stade de la pupe, elle subit une métamorphose complète. L’adulte émerge ensuite de l’eau, prêt à voler, à s’accoupler et à perpétuer le cycle avant que le froid ne mette un terme à sa brève existence. Cette phrygane de novembre est donc le témoin d’une vie aquatique discrète, bouclant son cycle juste avant l’hiver.
Le terril Marie-Louise, les 10 novembre 2025