La confrontation aérienne observée sur les friches du terril, opposant un busard Saint-Martin agile à l’attaque concertée de deux grands corbeaux massifs, est un événement révélateur. Bien que le busard soit un rapace prédateur, il se retrouve ici en position défensive, harcelé par ses rivaux plus lourds et plus nombreux dans un acte de mobbing. Cette tactique agressive, signalée par les corbeaux avec becs ouverts et vols plongeants, vise à intimider et à chasser l’intrus, l’obligeant à dépenser une énergie précieuse et à quitter la zone de chasse. Ce comportement territorial affirme un changement d’habitat notable pour le grand corbeau. Traditionnellement hôte des falaises et des massifs montagneux, son établissement et sa défense active d’un milieu ouvert comme les terrils indiquent une prise de possession effective de la région. L’espèce, connaissant une phase d’expansion en plaine après avoir été persécutée, s’adapte parfaitement à ces nouveaux paysages. La confrontation n’est donc pas l’œuvre d’un visiteur égaré, mais la preuve d’une installation réussie : le grand corbeau se considère désormais comme le maître de ce territoire, et le busard Saint-Martin est traité en concurrent ou en menace qu’il faut expulser sans délai.
Le terril Marie-Louise, le 10 novembre 2025