Après l’effervescence des vols d’apprentissage et des poursuites juvéniles, le grand marais retrouve peu à peu sa quiétude, enveloppé dans un calme sonore et visuel. Dans ce paysage de transition parsemé de bosquets d’aulnes et de jeunes bouleaux, maintenu ouvert par le précieux travail de débroussaillage des grands herbivores, la vie sauvage reprend sa routine vitale. C’est ici que le mâle adulte, arborant son éclatant plumage jaune d’or et noir de jais, s’installe en affût sur les branches basses. Inspectant le feuillage avec acuité, il se focalise sur la recherche de chenilles défoliatrices, des proies riches en protéines délaissées par les autres oiseaux mais indispensables au régime du loriot. Par des gestes vigoureux contre l’écorce pour en neutraliser les poils urticants, l’adulte prépare minutieusement chaque capture. Cette quête nourricière frénétique répond à un impératif biologique crucial : reconstituer les réserves d’énergie après l’élevage de la nichée et accumuler le carburant nécessaire avant d’entamer, d’ici la fin de l’été, la grande migration vers l’Afrique.
La petite Camargue Alsacienne, le 11 juillet 2026