Requiem pour un compagnon d’aventure

Cher vieux Bob, fidèle garde du corps, ton absence crée un vide béant. Toi qui fus le rempart inébranlable contre les ardeurs du soleil et les assauts de la pluie, te voilà parti vers d’autres horizons par la faute d’un vent fripon. Un souffle soudain, une caresse un peu trop brusque, et ce complice espiègle t’a soulevé de ma tête pour me priver à jamais de ta précieuse compagnie. Plus qu’un simple couvre-chef, tu étais le témoin silencieux de mes explorations, le compagnon de mes évasions. T’imaginer confiné dans la noirceur d’un placard, comme un chien derrière sa grille, m’était pourtant insupportable. À présent, par ce coup du sort, te voilà libre, affranchi des contraintes de la vie domestique. Tu peux goûter à la liberté, partir au vert et te laisser bercer au cœur de la végétation sauvage. Imagine les histoires que tu pourras raconter aux grenouilles et les rencontres fortuites avec des libellules chatoyantes. Tu as troqué la routine pour l’inconnu et d’autres aventures. Que ton voyage soit doux, mon vieil ami.

Le Réservoir de Montreux-Jeune, le 20 juillet