Galéruque

Sous les reflets changeants du plan d’eau, la galéruque s’avance en discrète dentellière, vêtue de ses élytres fauves aux éclats dorés. Ce minuscule coléoptère a choisi les losanges flottants comme royaume et garde-manger, y menant une existence entièrement dévouée au rythme de la flore aquatique. D’une démarche tranquille, il arpente les larges pistes cireuses, laissant dans son sillage la signature indélébile de son passage. D’un appétit patient, il en râpe la surface protectrice, ouvrant la voie aux morsures du temps et métamorphosant le vert éclatant en de subtiles broderies rousses. Bien loin de détruire l’équilibre, ce grignoteur de l’ombre participe à la grande alchimie du réservoir, accélérant le retour de la matière à la vase nourricière. Il incarne le dernier maillon de cette vie de surface, un artisan de l’éphémère qui rappelle que dans le grand livre de la nature, chaque déchirure prépare déjà le renouveau du prochain printemps.

Le Réservoir de Montreux-Jeune, le 20 juillet 2026