Souille

Si la fréquentation des zones humides et le fouissage de la boue sont des comportements vitaux pour le sanglier – assurant sa thermorégulation et son alimentation -, ces habitudes l’exposent directement à un milieu riche en agents pathogènes. Les sols vasards et les eaux stagnantes constituent de véritables carrefours épidémiologiques où abondent bactéries et parasites. En retournant le limon à la recherche de racines ou d’invertébrés, l’animal ingère fréquemment des vers de terre ou des mollusques aquatiques, hôtes intermédiaires de parasitoses pulmonaires comme la métastrongylose ou de lésions hépatiques dues à la grande douve. De plus, le contact direct avec la boue et l’eau souillée favorise la contraction de maladies bactériennes redoutables telles que la leptospirose ou le rouget. Paradoxalement, si la boue séchée sur son pelage agit comme un bouclier hygiénique contre les parasites externes, son mode de vie fouisseur en fait un hôte exposé. Façonné par l’évolution, le système immunitaire particulièrement robuste du sanglier lui permet d’endurer ces charges parasitaires, faisant toutefois de l’espèce un réservoir sanitaire majeur au sein des écosystèmes forestiers et marécageux.

Le Rothmoos, le 30 juillet 2026