Vivre en permanence sous la surface de l’eau impose aux plantes aquatiques, telles que le callitriche, des contraintes physiques majeures en raison de la diffusion extrêmement lente des gaz dans le milieu liquide. Pour surmonter cet obstacle tout en réalisant leur photosynthèse, ces végétaux ont développé une biologie singulière et fascinante. Ne risquant pas le dessèchement, ils se passent de la cuticule épaisse propre aux végétaux terrestres ; leur épiderme, d’une finesse extrême, fonctionne comme une membrane perméable qui absorbe directement le dioxyde de carbone et les nutriments dissous dans l’eau. Pour l’oxygène, le secret du callitriche réside dans sa structure interne : il possède un tissu spongieux appelé aérenchyme, véritable réseau de cavités aériennes. Ces lacunes accumulent l’oxygène produit durant la journée afin de permettre à la plante de respirer la nuit, tout en assurant une flottabilité idéale pour maintenir les tiges bien droites vers la lumière. Ainsi, grâce à une eau claire qui laisse pénétrer les rayons solaires, ces herbiers immergés captent efficacement l’énergie lumineuse et s’épanouissent de manière optimale. En retour, ce métabolisme unique transforme ces plantes en de précieux poumons aquatiques, enrichissant leur environnement en oxygène au profit de tout l’écosystème local.
La Petite Camargue Alsacienne, le 19 juillet 2026