Bihoreaux

Au Réservoir de Montreux-Jeune, le paysage aviaire a profondément changé en l’espace d’un mois. Alors que les adultes Bihoreaux gris occupaient massivement le site en plein cœur de l’été, ils brillent aujourd’hui par leur absence, laissant le plan d’eau aux mains de jeunes individus aux plumages tachetés et aux stades de maturité très divers. Ce départ des adultes, loin d’être un abandon, s’inscrit dans le rythme naturel de l’espèce. Une fois l’élevage de la couvée achevé et les jeunes capables de subvenir à leurs besoins, la lourde tâche parentale prend fin. Libérés de l’obligation de nourrir une progéniture insatiable, les adultes sont les premiers à entamer la grande migration postnuptiale vers l’Afrique subsaharienne. De plus, n’ayant plus à chasser de jour pour ravitailler le nid, les rares adultes encore présents retrouvent leurs mœurs strictement nocturnes et restent invisibles, dissimulés dans le feuillage dense des saules. Les juvéniles, quant à eux, restent sur place quelques semaines supplémentaires. Qu’ils soient nés ici ou issus de zones humides voisines au fil de leur émancipation, ces jeunes profitent des ressources du réservoir pour parfaire leurs techniques de pêche et accumuler les réserves de graisse indispensables. Ce calme apparent marque simplement la transition entre la fin de la saison de reproduction et le grand voyage vers le sud, que ces jeunes entreprendront très bientôt à leur tour.

Le Réservoir de Montreux-Vieux, le 8 août 2026