Loin d’effrayer la faune ailée, la présence du Phellin du prunier (Phellinus tuberculosus) s’incrustant dans les crevasses de l’écorce est, au contraire, une excellente nouvelle pour les oiseaux du verger. Ce polypore lignicole n’est pas un simple squatteur passif ; il agit comme un véritable « promoteur immobilier » biologique. En se développant, son mycélium colonise le cœur du tronc, causant une pourriture blanche qui décompose la lignine. Ce processus assouplit considérablement le bois, le rendant tendre, friable et bien plus facile à travailler. Pour les pics, ces ouvriers infatigables de la forêt, cette altération est un signal précieux. Un arbre ainsi « préparé » devient une cible prioritaire pour creuser, avec beaucoup moins d’efforts, la loge profonde nécessaire à leur nidification.Une fois la cavité forée par le pic, elle devient, les années suivantes, une habitation clés en main très prisée par d’autres espèces incapables de creuser elles-mêmes, comme les mésanges, les sitelles torchepots ou les rouges-queues. De plus, le bois en décomposition au cœur de la cavité et autour du champignon crée un micro-habitat humide et nourricier, attirant une multitude de larves d’insectes, de coleoptères saproxyliques et d’araignées.
Ensisheim, Belle-ïle, le 5 août 2026