Station service

Au cœur de l’été, le bord de l’ancienne  canal de dérivation offre un spectacle fascinant autour des pièces de bois mort profondément imbibées d’eau. Gorgées d’humidité et de matière organique en décomposition, ces branches servent de véritables stations-service pour les abeilles. Le support poreux et garni de mousse leur garantit un point d’ancrage stable, leur évitant tout risque de noyade contrairement à une surface d’eau libre. À cet endroit, les insectes ne cherchent pas uniquement à s’abreuver : ils collectent une eau précieuse pour réguler la température de la ruche par évaporation, tout en prélevant des sels minéraux et des oligo-éléments essentiels. Ces nutriments, stockés temporairement dans leur jabot avant d’être partagés par trophallaxie, sont indispensables au métabolisme de la colonie et à la fabrication de la gelée royale. Occupées à cette récolte vitale, les ouvrières se montrent totalement inoffensives et dépourvues d’instinct territorial. Il est ainsi possible de les observer de très près sans susciter la moindre agressivité. Sur ce même bout de bois se côtoient sans aucune friction des individus issus de ruches différentes, guidés sur place par l’odeur de l’humus, les phéromones de leurs congénères et les danses d’orientation exécutées au préalable au sein de leur propre communauté.

Baldersheim, le 27 août 2026