Le bain des passereaux obéit à un rituel fascinant et parfaitement rodé qui surprend souvent par sa méthode. Plutôt que de plonger la tête la première comme le feraient d’autres espèces, l’oiseau commence par s’abaisser lourdement sur son train arrière, immergeant d’abord l’arrière de son corps dans l’eau. Solidement ancré sur ses pattes, il se met ensuite à battre frénétiquement des ailes pour projeter l’eau vers l’avant et le haut. Ce mouvement circulaire crée un véritable effet de douche naturelle qui vient imbiber méthodiquement le dos, les flancs et la nuque. Si la tête reste généralement en retrait lors des premiers éclaboussures pour préserver la vue et la respiration, il n’est pas rare qu’au paroxysme de l’enthousiasme, l’oiseau y plonge l’avant du corps et la tête tout entière. Après cette toilette énergique et minutieuse, le petit baigneur s’isole sur une branche voisine pour s’ébrouer vigoureusement, prêt à lisser son plumage gorgé d’eau.
Baldersheim, le 29 septembre 2026