Antennes radars

Sur les hautes falaises du Nez de Jobourg et du Cap de la Hague, des installations intrigantes se dressent : une succession d’antennes basses, souvent disposées en lignes. Ces structures, bien loin d’être anecdotiques, constituent un dispositif de radars côtiers à haute fréquence (HF), mis en place dans le cadre de programmes scientifiques de l’Université de Caen. L’objectif principal est de cartographier et de comprendre l’hydrodynamique du Raz Blanchard, un détroit réputé pour posséder l’un des courants de marée les plus puissants d’Europe. Le fonctionnement est basé sur l’effet Doppler. Les radars émettent des ondes qui sont réfléchies par les vagues de surface. Le mouvement des vagues étant altéré par le courant, l’onde réfléchie voit sa fréquence légèrement décalée. En mesurant ce décalage, le système calcule la vitesse et la direction du courant marin de surface sur une large zone. Bien qu’il ne mesure pas directement les profondeurs, ce système est couplé à des modèles numériques sophistiqués et à des courantomètres immergés pour fournir une image complète de l’écoulement tridimensionnel. Ces observations en temps réel sont d’une importance capitale non seulement pour l’évaluation du potentiel d’énergie hydrolienne, mais aussi pour la sécurité maritime. Le CROSS Jobourg utilise ces données de courant ultra-précises pour améliorer la planification des opérations de sauvetage et anticiper la dérive des navires en difficulté dans ce secteur maritime particulièrement dangereux.

Le Nez de Jobourg, le 30 septembre 2025