Certaines expériences nous marquent au point que l’on a envie de les renouveler un peu plus tard… au risque de mettre à mal le souvenir qu’on en a gardé. Il y a dix ans, on avait découvert assez fortuitement deux plans d’eau en pleine forêt de la Hardt, coincés entre l’autoroute et une voie ferrée. C’était en hiver et le paysage était réellement féérique : des arbres étêtés se dressaient figés dans l’eau gelée et la végétation était en habit de fête. Dix ans plus tard, la mémoire a bien fait son travail et a permis de retrouver des lieux qui ont perdu tout leur charme. Les canicules de juin et d’août ont grillé un grand nombre de végétaux, mais surtout l’endroit est devenu inaccessible. Des ligneux couverts de piquants, des ronces qui constituent de terribles pièges, sont de nature à doucher les meilleures volontés. En forçant le passage, un premier étang affaissé a fini par se dévoiler. Les oiseaux l’avaient retrouvé avant nous : bergeronnettes grises, canards colverts et chevaliers aboyeurs y ont installé leur coin de paradis. Ils ne risquent pas d’être importunés.
L’étang du Niedermattgraben, le 2 septembre 2025