Le jour avait bien du mal à se lever. Un épais brouillard tenace submergeait la campagne et prolongeait l’obscurité de la nuit. Après deux heures d’attente, le voile a commencé à se déchirer par endroits sous l’action d’un soleil encore faiblard qui n’a fait qu’une brève apparition, suivie d’un prompt mouvement de repli. Il manquait encore de vigueur pour venir à bout de l’écran de grisaille. La deuxième tentative s’est avérée plus efficace. Le brouillard ternissait toujours l’éclat de l’astre, mais il n’arrivait plus à l’évincer du paysage. Au terme d’une lutte acharnée, le ciel s’est enfin illuminé, invitant les premiers rapaces à venir sécher leurs plumes avant de partir en chasse… Les scientifiques nous expliquent que ce phénomène météorologique est régi par les principes de la physique atmosphérique et de l’optique. Le brouillard est une masse de minuscules gouttelettes d’eau liquide en suspension, dont la taille est bien supérieure aux longueurs d’onde de la lumière visible. Lorsque les rayons solaires pénètrent cette nappe d’humidité, toutes les couleurs du spectre sont diffusées de manière presque égale. Il en résulte un phénomène d’extinction de la lumière directe, réduisant son intensité et la rendant diffuse, avec un disque solaire pâle et un manque de contraste de l’atmosphère. Lorsque l’énergie solaire réchauffe suffisamment l’air et le sol, les gouttelettes d’eau s’évaporent, redevenant de la vapeur d’eau invisible. Le ciel se dégage alors et la lumière du soleil, non entravée, peut enfin briller de tout son éclat.
Le Terril Marie-Louise, le 12 octobre 2025