L’automne marque le grand ballet de la nature, alors que les oiseaux migrateurs arrivent par vagues successives sur leurs zones d’hivernage. Parmi eux, se distingue le canard chipeau (Mareca strepera), un magnifique sujet dont l’arrivée met une touche d’élégance dans la grisaille hivernale. Ces canards de surface quittent les régions froides de reproduction, notamment l’Europe de l’Est et la Russie, pour trouver refuge sur les eaux libres françaises dès octobre et novembre. Le mâle se reconnaît immédiatement à son bec gris-noir uni et à son plumage singulier : un corps gris finement strié contrastant avec de belles couvertures alaires rousses et un arrière-train noir velouté. Son nom vernaculaire trouve sans doute son origine dans son comportement opportuniste, lui venant du vieux verbe « chiper ». Le chipeau a en effet l’habitude de subtiliser les fragments de plantes aquatiques arrachés par d’autres canards plongeurs, se nourrissant ainsi sans effort. Observé sur différents plans d’eau, il témoigne de la vitalité des zones humides alsaciennes, même face aux défis hydriques actuels. Discret mais élégant, il passera les mois froids à reconstituer ses réserves avant d’entreprendre son voyage de retour vers ses sites de nidification dès le début du printemps.
Le Hohrain, le 30 octobre 2025