C’est un courlis corlieu qui a été observé en migration post-nuptiale fin septembre au large de Barfleur. Les effectifs mondiaux de cette espèce dépassent à peine les 2 millions d’individus, lui conférant le statut de quasi menacée au plan mondial. Pour distinguer ce migrateur de son cousin, le courlis cendré il faut se concentrer sur deux critères. Le corlieu est plus petit et possède un bec proportionnellement plus court et plus épais, dont la courbure est plus prononcée vers la pointe. Surtout, sa tête arbore un motif distinctif : une raie médiane claire et nette sur la calotte, encadrée par deux bandes sombres. L’espèce, classée Vulnérable en France, fait l’objet d’ une diminution impressionnante des observations sur les haltes traditionnelles, comme dans le Marais Poitevin. Ce déclin spectaculaire n’est pas seulement dû à la chasse, mais surtout à la dégradation des habitats de halte (conversion des prairies humides, intensification agricole). Les oiseaux semblent avoir modifié leurs stratégies, effectuant des vols plus directs entre les zones d’hivernage africaines et les sites de reproduction nordiques, court-circuitant ainsi les escales autrefois essentielles.
Barfleur, le 29 septembre 2025