C’est un spectacle inattendu que nous offre la nature avant même l’arrivée des fêtes : le cyprès chauve (Taxodium distichum) se pare de ses plus belles couleurs et de ses curieuses « décorations ». Cet arbre, unique parmi les conifères car il est caduc, mérite amplement que l’on s’attarde sur sa métamorphose au fil des saisons. Au printemps, le cyprès chauve se couvre d’un feuillage vert tendre, fin et léger, lui conférant une silhouette aérienne et pyramidale. C’est également à cette période qu’a lieu sa floraison discrète. L’été consolide ce manteau vert, et voit l’apparition des cônes globuleux et verts, semblables à de petites boules. Dans son habitat d’origine, les marécages, il développe également ses étonnants pneumatophores (racines aériennes). L’automne est sans conteste la saison de gloire de cet arbre, qui justifie son surnom de cyprès de Louisiane. Son feuillage s’embrase alors, virant du jaune à l’orange puis au rouge-rouille intense, une flamboyance qui dure jusqu’à ce que les aiguilles et les courts rameaux tombent. L’hiver révèle son port conique et son tronc massif à l’écorce fibreuse, ne laissant que ses cônes, désormais bruns, comme ultimes ornements naturels. Sa capacité à se dénuder l’aide à résister au froid et le rend fascinant tout au long de l’année.
Le plan d’eau de Michelbach, le 30 octobre 2025