Essorage

Contrairement à la plupart des oiseaux aquatiques dont le plumage hydrophobe laisse glisser l’eau, le grand cormoran possède une structure de plumes particulière qui se laisse imbiber. Cette adaptation réduit la quantité d’air emprisonnée, diminuant ainsi sa flottabilité pour lui permettre de plonger plus profondément et plus rapidement sans effort excessif. Mais cette efficacité sous-marine a son revers : une fois à la surface, l’oiseau se retrouve alourdi par une véritable éponge d’eau. Avant même de déployer ses ailes au soleil pour un séchage passif, il recourt à une action mécanique vigoureuse : un ébrouement centrifuge d’une puissance remarquable. En secouant violemment son corps et en battant des ailes, il crée une impulsion capable d’expulser l’eau accumulée dans les couches profondes de son plumage sous forme d’une nuée de gouttelettes. Cet essorage express lui permet d’éliminer immédiatement une grande partie du poids superflu pour retrouver une liberté de mouvement optimale et amorcer sans attendre le séchage de son manteau.

La Petite Camargue Alsacienne, le 25 juillet 2026