Sur le haut d’estran, là où le sable laisse place aux amas de galets et de graviers, le grand gravelot règne en maître. Ce petit limicole au plumage strié de noir et de blanc s’est adapté avec une précision remarquable à cette frange littorale bien particulière. Contrairement aux espèces qui sondent la vase profonde avec un long bec, le gravelot utilise son bec court et ses grands yeux pour chasser à vue, alternant courses rapides et arrêts brusques pour capturer de petits invertébrés en surface. Son dos brun-gris offre un mimétisme si parfait qu’il se fond totalement parmi les pierres dès qu’il s’immobilise pour se reposer. Cette intégration au milieu est telle qu’il y dépose également ses œufs directement à même le sol, comptant sur la similitude entre les galets et sa ponte pour tromper les prédateurs. Toutefois, cette spécialisation très poussée sur la partie supérieure de la plage le rend particulièrement vulnérable aux activités humaines et au piétinement littoral.
La Couarde sur Mer, le 14 octobre 2026