Le grèbe castagneux, le plus petit des grèbes d’Europe, est une petite boule de plumes dont la robe évolue grandement en cette saison. Il est en train d’achever sa mue, passant de son élégant plumage nuptial (tête noire, joues et cou châtains) à sa tenue d’automne et d’hiver, plus discrète. Il arbore désormais des tons bruns et chamois uniformes, le rendant plus difficile à repérer sur les eaux hivernales, ne conservant souvent que son bec court, noir à pointe claire. Sous l’eau, son agilité est sans égale. Il chasse en plongeant constamment, non pas pour de gros poissons, mais pour les petits invertébrés aquatiques : larves d’insectes, minuscules crustacés et mollusques à coquille fine. Cette prédilection le distingue de ses grands cousins, plus piscivores. La particularité la plus étonnante de son alimentation réside dans l’ingestion de ses propres plumes. Le grèbe s’en gave volontairement – et nourrit même ses petits avec – pour une raison vitale : dans le gésier, ces plumes forment une masse protectrice qui agit comme un filtre. Cette ingénieuse technique permet de broyer les coquilles dures et d’éviter que les arêtes de poisson et les parties chitineuses des insectes n’endommagent les parois de son système digestif.
Le Rothmoos, le 18 octobre 2025