Venue des contrées nordiques (Scandinavie et Sibérie), la grive litorne marque l’arrivée de l’hiver. Cet oiseau migrateur, aisément reconnaissable à sa tête et sa nuque gris-bleu, délaisse son régime estival d’invertébrés pour se concentrer sur les ressources énergétiques que lui offre la flore locale. Contrairement à d’autres grives plus solitaires, la litorne est fortement grégaire : elle se déplace, dort et se nourrit en grandes troupes, ce qui lui offre une meilleure défense contre les prédateurs, mais peut aussi concentrer la demande sur les rares baies disponibles. L’aubépine, très probablement l’espèce monogyne identifiable à ses feuilles profondément découpées, lui offre ses précieuses cenelles. Ces petites baies rouges sont cruciales en hiver. Les noyaux du fruit contiennent de l’amygdaline, une substance qui, si elle est mâchée, peut libérer de petites quantités d’acide cyanhydrique(cyanure). Cependant, les grives les avalent entières sans danger, le processus assurant la dissémination des graines de l’aubépine. En cette saison, l’aubépine devient ainsi un garde-manger essentiel, une ressource précieuse que les oiseaux doivent parfois se disputer.
La Petite Camargue Alsacienne, le 3 novembre 2025