Les fossiles du lac

La présence de petites ammonites et de dents de requins dans la marne du lac de la Forêt d’Orient est une preuve tangible que la région a été, il y a des millions d’années, recouverte par une mer chaude peu profonde. Ces fossiles marins sont principalement datés du Crétacé, particulièrement de l’Albien, une période où la majeure partie du Bassin de Paris, incluant l’actuelle Champagne, était submergée. Les sédiments déposés au fond de cette mer épicontinentale se sont transformés en roches sédimentaires, notamment la marne, un mélange d’argile et de calcaire. Les ammonites, des mollusques céphalopodes à coquille spiralée, s’y sont enfouies après leur mort, et leurs coquilles ont été préservées par la fossilisation. Quant aux dents de requins, elles étaient constamment perdues et renouvelées par ces poissons cartilagineux, leur émail très résistant leur permettant d’être parmi les fossiles de vertébrés les plus abondants de ces couches sédimentaires. Les travaux entrepris sur le lac, qui est un réservoir artificiel, ont mis à nu ces strates de marne du Crétacé, habituellement masquées par l’eau ou la végétation. Ce décapage expose directement le sous-sol géologique et ses trésors, offrant ainsi des opportunités inédites aux chercheurs et aux amateurs pour découvrir ces vestiges d’un ancien environnement marin. C’est l’histoire géologique de la Terre d’il y a 100 millions d’années qui affleure ici.

Le Lac de la Forêt d’Orient, le 26 septembre 2025