Lorsque le niveau du plan d’eau de Michelbach baisse de plusieurs mètres, il laisse derrière lui un paysage de limons craquelés et de petites cuvettes humides qui semble au premier abord stérile. Pourtant, cette zone d’estran d’eau douce devient instantanément un terrain de chasse privilégié pour de nombreux passereaux opportunistes. Parmi eux, la bergeronnette, grise silhouette fine et queue constamment en mouvement, sillonne ce sol mis à nu avec une grande agilité. Les semaines d’assec permettent le développement de pousses pionnières et la concentration de multiples petits insectes, spiders ou larves piégés dans la terre séchante. En trottinant vivement entre les failles et les fragments de bois morts, la bergeronnette inspecte la moindre fissure avec une précision remarquable, capturant ses proies au sol ou en effectuant de brefs vols piqués. Ce milieu temporaire, né du marnage du lac, constitue ainsi une ressource trophique précieuse et facile d’accès, démontrant la capacité étonnante de la petite faune aviaire à exploiter les moindres variations de son environnement.
Le Lac de Michelbach, le 31 août 2026