C’est au sein de la réserve naturelle de Vauville, que l’on a pu observer ce faucon crécerelle en pleine séance de toilette, offrant une vue exceptionnelle sur l’intérieur de son bec. Le bec du crécerelle est une pièce maîtresse de son anatomie, parfaitement adapté à son rôle de chasseur. Extérieurement, il est court, puissant et fortement crochu, ce qui est essentiel pour déchiqueter la chair de ses proies, principalement des micromammifères et des insectes. La caractéristique la plus notable, visible à l’extrémité de la mandibule supérieure, est la petite dent tomiale (ou « dent de faucon »). Cet aiguillon osseux, typique des falconidés, permet au rapace de sectionner la nuque de sa proie pour une mise à mort rapide. L’ouverture du bec révèle une structure interne fascinante, optimisée pour la manipulation de la viande. La surface du palais (mandibule supérieure) n’est pas lisse, mais tapissée de crêtes cornées transversales qui agissent comme une « râpe » ou une surface antidérapante, assurant une prise ferme sur la nourriture et facilitant son acheminement vers la gorge. On distingue également la fente choanale, une ouverture centrale reliant la cavité buccale aux voies nasales. Enfin, des papilles pharyngiennes, orientées vers l’arrière, tapissent l’arrière de la cavité buccale pour garantir que les morceaux de viande ne puissent pas ressortir une fois engagés.
La réserve naturelle de Vauville, les 30 septembre 2025