Un spectacle rare s’est offert en ce début de septembre. Derrière la chaîne du Jura, les Alpes suisses sont apparues comme à portée de main, malgré une distance de près de 200 km. Ce paysage est d’autant plus inhabituel qu’elles sont, la plupart du temps, lointaines ou même invisibles. On a l’impression que la nature a joué de l’accordéon, rapprochant les deux chaînes de montagnes l’une de l’autre. Comment les météorologues expliquent-ils ce phénomène ? Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il ne s’agit pas d’un effet de grossissement. Ce n’est pas la taille des Alpes qui change, mais leur clarté et leur définition. Ce spectacle est le résultat d’un air d’une pureté et d’une sécheresse exceptionnelles. Normalement, la température de l’air diminue avec l’altitude. Cependant, dans certaines conditions, une inversion de température peut se produire : l’air froid, dense et humide reste piégé près du sol, tandis que l’air plus chaud et sec s’installe au-dessus. Cette couche d’air pur agit alors comme une fenêtre ouverte, offrant une vue dégagée sur les montagnes lointaines. Cette atmosphère claire est souvent associée à la présence d’un anticyclone. Une zone de hautes pressions est caractérisée par un air stable qui descend, se réchauffe et s’assèche. Le vent a également un rôle de « nettoyeur », balayant l’humidité et les polluants pour révéler un horizon limpide. Ces conditions sont souvent réunies après une nuit froide et claire, en début de matinée ou en fin de journée.
La carrière sèche de Réguisheim, le 3 septembre 2025