La confusion entre l’annonce des médias et l’observation matinale en Alsace repose sur une dualité de définition. Pour les astronomes et les journalistes, la « Lune rousse » est un concept calendaire lié aux gelées printanières qui font roussir les jeunes pousses après Pâques ; aucun phénomène de ce type n’était donc à l’ordre du jour début mars. Pourtant, le cliché pris ce 3 mars 2026 au matin témoigne d’une réalité visuelle indiscutable : une lune aux teintes cuivrées. Ce phénomène n’est pas dû à la nature de l’astre, mais à une illusion d’optique atmosphérique appelée diffusion de Rayleigh. Au petit matin, alors que la Lune descend vers l’horizon, sa lumière doit traverser une couche d’atmosphère beaucoup plus épaisse qu’au zénith. Les molécules d’air et les particules en suspension (humidité de la plaine du Rhin, poussières ou pollution locale) filtrent les longueurs d’onde bleues pour ne laisser passer que les tons orangés et rouges. C’est ce même mécanisme qui embrase les couchers de soleil. Ainsi, bien que le calendrier n’affichait pas de « Lune rousse » officielle, les conditions atmosphériques alsaciennes ont offert ce matin-là un spectacle chromatique saisissant, transformant la pleine lune en un disque d’or rougeoyant.
Baldersheim, le 3 mars 2026