L’observation de cette sarcelle d’hiver (Anas crecca) au Rothmoos, en cette fin octobre, marque le début de la saison d’hivernage. Avec une taille modeste (32 à 38 cm), elle est le plus petit des canards de surface européens, souvent arrivé ici après une longue migration depuis ses zones de reproduction nordiques, principalement situées en Scandinavie et en Russie. Ce qui frappe immédiatement chez cet individu mâle est sa livrée nuptiale déjà complète et éclatante. Contrairement à l’idée reçue, ce plumage coloré — caractérisé par cette magnifique tête brun-roux ornée d’un large masque vert émeraude cerné de blanc — n’est pas réservé au printemps. La Sarcelle d’hiver arbore cette parure dès l’automne, car c’est sur les sites d’hivernage comme celui-ci que les couples se forment. Le mâle a besoin de son plumage d’apparat pour la parade amoureuse et pour s’assurer une partenaire avant le long voyage de retour vers le nord, qui n’aura lieu qu’au printemps. Actuellement grégaire, cet oiseau se nourrit activement dans les eaux peu profondes du marais, accumulant les réserves nécessaires pour passer l’hiver.
Le Rothmoos, le 29 octobre 2025