À l’approche de l’automne, les marais littoraux comme ceux de l’île de Ré voient s’installer le tadorne de Belon, grand canard au plumage contrasté dont les déplacements obéissent à un cycle migratoire tout à fait singulier. Au début de l’été,une fois la période de reproduction achevée, la quasi-totalité des adultes d’Europe occidentale entame une première migration dite de « mue ». Ils abandonnent provisoirement leurs sites de nidification pour rejoindre de grands rassemblements sécurisés — notamment en mer des Wadden, en Allemagne — où ils renouvellent simultanément toutes leurs plumes de vol, restant incapables de voler pendant plusieurs semaines. Une fois leur plumage entièrement régénéré au début de l’automne, ces oiseaux amorcent leur seconde migration, dite d’hivernage. Ils se dispersent alors vers le sud et l’ouest le long des côtes atlantiques pour gagner des estuaires et lagunes plus clémentes, riches en petits mollusques et crustacés. Ils y séjournent tout au long de la saison froide avant d’effectuer, au sortir de l’hiver, leur migration de retour vers leurs territoires de reproduction.
Le Fier d’Ars, le 13 octobre 2026