Ne nous y trompons pas. Nous ne sommes pas dans un film de science fiction, avec des extraterrestres qui se déplacent parmi les étoiles. C’est le décor naturel d’un marais à la petite Camargue photographié au lever du jour et les protagonistes sont des libellules qui pratiquent le vol en tandem. Les conditions d’éclairage et la vitesse d’exécution de la figure ne permettent pas de distinguer avec précision l’espèce : couleurs et détails sont emportés dans le feu de l’action. S’agissant d’odonates qui regroupent les libellules et les demoiselles, on peut d’emblée évacuer deux interprétations erronées : il ne s’agit ni d’un insecte guidant un autre malvoyant ni d’un ravitaillement effectué en plein vol. Nous en sommes à la phase initiale de la roue de copulation. Le mâle commence par s’agripper à la femelle en la saisissant fermement à la nuque ou à la tête à l’aide de ses appendices situés à l’extérieur de son abdomen. Le couple voile ainsi de longues minutes dans cette position en tandem. Il fait même l’ascenseur, montant et descendant sans cesse. Il s’agit d’une parade nuptiale qui a pour but d’augmenter les chances de reproduction. Le couple explore la zone et recherche le meilleur endroit de ponte. Pour que l’accouplement ait lieu, la femelle doit courber son abdomen vers le haut et se rapprocher de celui du mâle. Cette contorsion crée une forme de coeur ou de roue copulatoire.
La Petite Camargue Alsacienne, le 18 septembre 2025